Du orange de Lorient à celui de Laval il n'y a qu'un pas que voulait franchir Ulrich Le Pen, cet été. A presque 36 ans, le milieu de terrain breton s'offre une cure de jouvence chez le promu mayennais auteur d'un excellent début de saison en Ligue 2.
Ils étaient faits pour se croiser et unir leurs efforts. Cet été, les Tangos de Laval ont dit oui au milieu de terrain breton Ulrich Le Pen pour le meilleur d'une collaboration souhaitée par l'ancien lorientais. C'était ça ou la quille nous a confié ce dernier parce qu'à bientôt 36 ans il a trouvé en Mayenne, un lieu où s'offrir tôt ou tard une retraite en famille. Après trois mois d'union, Ulrich Le Pen ne boude pas son plaisir d'être chez les Tangos dans une équipe dont il s'est d'ailleurs dit surpris par la qualité technique. Le natif d'Auray dans le Morbihan nous dit tout sur ses débuts dans la Mayenne, les préparatifs du match de vendredi face à Arles ainsi que son regard attentionné pour ses anciens camarades de Lorient.
Ulrich, peut-on dire que le succès de Laval au Havre (2-0) arrive à point nommé ?
Ulrich Le Pen : A point nommé je ne crois pas car on joue tous les matches pour les gagner. Mais c'est vrai que cette victoire fait du bien car elle fait suite à notre déconvenue à Metz et toute une série de matches où nous avons laissé filer des points.
Que vous inspire la quatrième place des Tangos au classement de la Ligue 2 ?
Ulrich Le Pen : Il vaut mieux être là que dans les derniers. Mais l'objectif reste le même : grappiller tous les points nécessaires à notre maintien. Plus vite nous les obtiendront moins nous aurons le couteau sous la gorge. La quatrième place reste toutefois honorifique. On se battra aussi longtemps que l'on pourra pour tenir le haut du pavé. Le groupe a du potentiel, l'amalgame entre les nouveaux et les anciens s'est fait sans difficultés. Mais la saison est encore longue. Très longue...
"Si Laval ne s'était pas manifesté, j'aurai probablement arrêté"
Vous évoquez l'amalgame, racontez-nous justement votre arrivée en Mayenne ?
Ulrich Le Pen : Sans faire offense aux joueurs passés avant par le club, j'ai été relativement surpris par la qualité technique de ce groupe. Il y a une envie de jouer qui m'a interpellé. Ici, chaque entrainement est un match.
Vous qui aviez exprimé un sentiment de lassitude à la fin de la saison dernière, êtes vous heureux d'avoir signé à Laval ?
Ulrich Le Pen : C'est plutôt qu'avec l'âge, je n'avais plus l'envie de répondre à certaines propositions qui m'ont été faite. Mon choix c'était porté sur la Mayenne, je voulais venir vivre ici avec ma famille et si Laval ne s'était pas manifesté, j'aurai probablement arrêté.
Quelle est la recette de votre longévité ?
Ulrich Le Pen : S'astreindre à un minimum d'hygiène sans non plus tomber dans l'excès et avoir la chance d'avoir été épargné par les grosses blessures. Après tout est question de caractère. Moi j'ai encore la motivation mais peut-être mon discours ne serait-il pas le même si la situation du club n'était pas aussi bonne. Le risque c'est toujours de faire la saison de trop, celle où le cours et la tête ne suivent plus.
Suivez-vous toujours le parcours de vos anciens camarades à Lorient ?
Ulrich Le Pen : Oui bien sûr, je suis de très près les résultats tout comme j'ai régulièrement au téléphone des joueurs et des membres du staff. Ça m'intéresse toujours autant et je vois dans cette équipe la patte de Christian Gourcuff. (l'entraîneur des Merlus, ndlr) Ce n'est pas anodin de retrouver Lorient à cette place car il a su recruter juste selon ses propres critères.
"Lorient, c'est la réussite de Gourcuff"
Le parcours des Merlus ne vous surprend-il pas ?
Ulrich Le Pen : Non pas spécialement. C'est une équipe qui est dans la continuité des trois dernières saisons et j'ai le sentiment qu'elle a encore progressé. C'est la réussite de Gourcuff qui fait avec ce qu'on lui donne et qui le fait bien. Il a toujours eu du nez pour dénicher les talents et tirer le meilleur de chacune de ses recrues.
Peut-on comparer la saison de Laval en Ligue 2 à celle de Lorient en Ligue 1 ?
Ulrich Le Pen : Oui si l'on s'en tient au seul aspect de la réussite du moment. Mais sur le terrain, les entraîneurs ont deux visions du jeu différentes. La seule chose qui les rapprochent c'est l'idée d'appliquer des principes, dans le souci d'évoluer, de progresser. En terme de jeu, Philippe Hinschberger propose toutefois quelque chose de différent qui fonctionne d'ailleurs plutôt bien. Tant mieux...
"Je m'attends à une autre équipe d'Arles"
Vendredi, vous recevez un autre promu Arles. Saviez-vous que les Tangos étaient la bête noire de l'ACA ?
Ulrich Le Pen : Je l'ai su lorsqu'on les a joué en tour préliminaire de la Coupe de la Ligue (victoire 5-0 de Laval) mais je sais également que toute série a une fin. J'espère simplement que ce ne sera pas ce vendredi.
A quel type de match vous attendez-vous ?
Ulrich Le Pen : A une autre équipe d'Arles et certainement à un match plus fermé. Tactiquement, je pense qu'ils vont resserrer les lignes, ce sera plus usant.
Etes-vous surpris par le bon parcours des promus, le votre mais aussi celui d'Arles ou encore de Istres ?
Ulrich Le Pen : Je pense que cela s'explique par le recrutement et l'élévation générale du niveau de la Ligue 2. Le championnat a gagné en technique mais aussi en tactique, on ne joue plus sur le physique en usant de longs ballons devant. Ces clubs ont axé leur recrutement sur des joueurs d'expérience qui ont un certain vécu de ce niveau supérieur. Pour suivre, c'est une nécessité car, on le voit, faut être costaud pour s'accrocher au train des équipes qui descendent de Ligue 1.
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